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REIMS OREILLES - Chronique par Christian
Lassalle (lien)
C’est folk, c’est pop, c’est rock, c’est mélodique,
c’est français, c’est donc de la chanson française.
La voix est jolie, douce ou violente, sautillante selon les humeurs de la dame.
Comme la guitare qui l’accompagne. Et ça swingue bien, ça
fait bouger les corps et tanguer les coeurs, on ne reste pas insensible à ce
rythme tantôt doux tantôt fort. Mona est multiple, passe du pire
au meilleur, du trou le plus profond au soleil le plus éclatant. Elle
oscille sans cesse entre deux mondes, l’espoir et le désespoir,
la douceur et la violence, voix fragile ou hargneuse, rock balèze et mélodie
pleine de grâce. Mais Mona n‘est pas Marie, elle est parfois par
terre, c’est noir, désespéré, c’est
aussi tant pis pour ceux qui ne suivent pas la bonne route.
Mais quand vient la nuit, elle oublie tous ses soucis, elle
se relève et ça chauffe, ça balance rock, boum boum la
batterie, vroom vroom la guitare, et ça part en solo. Mais Mona, c’est
aussi de jolies ballades bien baladantes, languissantes et chatoyantes comme
ce sale bijou autour du cou d’une hippie des années
70 ou cette maison verte qui termine l’album. Ultra
Sensible, c’est le titre en deux mots et ça résume
bien l’ensemble. Mona traîne sa mélancolie et sa rage sur
les chemins, baba cool et baladin, au milieu des guitares parfois saturées,
aussi comme les chemineaux d’avant et les ménestrels d’antan,
une sorte de Grace Slick à la française à la recherche d’un
White Rabbit et de Somebody to Love.
C’est arrangé par Christian Fradin, la guitare électrique
est de Bruno Di Placido et le résultat est fort beau. Et pour finir, elle
nous dit : « Par ce que j’ai de plus beau, faites que jamais
mes mots n’accablent ni ne blâment même la plus laide des âmes ».
C’est pas beau, ça ?